🔒 Droit public — Répression

Droit Pénal

Droit pénal général, Procédure pénale & Infractions spéciales

Le droit pénal détermine les comportements prohibés et les peines applicables. Il se divise en droit pénal général (théorie de l'infraction), droit pénal spécial (infractions particulières) et procédure pénale (enquête, jugement, voies de recours).

InfractionÉlément intentionnelProcédure pénaleGarde à vueCour d'assisesRécidive
4
Codes pénaux
9
Ouvrages référencés
L2 → M2
Niveaux couverts
CRFPA
Matière à option
3
Ordres d'infractions
Présentation générale

Qu'est-ce que le droit pénal ?

Le droit pénal est la branche du droit qui définit les infractions et fixe les peines applicables à leurs auteurs. Il assure la défense de la société contre les comportements antisociaux les plus graves, tout en garantissant les droits des personnes poursuivies.

La classification tripartite (art. 111-1 CP) distingue : les crimes (cour d'assises, réclusion criminelle), les délits (tribunal correctionnel, emprisonnement jusqu'à 10 ans) et les contraventions (tribunal de police, amende).

⚖️ Le principe de légalité criminelle

Art. 8 DDHC + art. 111-3 CP : nul ne peut être puni pour un fait qui ne constitue pas une infraction légalement définie. Corollaires : interprétation stricte de la loi pénale (art. 111-4), non-rétroactivité de la loi plus sévère, application immédiate de la loi plus douce (rétroactivité in mitius).

Droit pénal général — I

La théorie générale de l'infraction

Toute infraction requiert la réunion de trois éléments : l'élément légal (texte d'incrimination), l'élément matériel (acte ou omission, résultat, lien de causalité) et l'élément moral (art. 121-3 CP).

L'élément moral

Dol général : conscience d'agir illicitement + volonté de l'acte. Dol spécial : intention de produire un résultat précis (ex. intention homicide pour le meurtre). Faute d'imprudence (délits non-intentionnels, art. 121-3 al. 3) : imprudence, négligence, manquement délibéré à une obligation de sécurité. Faute contraventionnelle : matérielle, sans recherche d'intention.

Causes d'irresponsabilité pénale

Légitime défense (art. 122-5) : réponse nécessaire et proportionnée à une atteinte injustifiée. État de nécessité (art. 122-7) : nécessité de sauvegarder un intérêt supérieur. Trouble mental (art. 122-1) : abolition du discernement → irresponsabilité ; altération → atténuation de la peine. Contrainte : force irrésistible, imprévisible, extérieure.

⚠️ Trouble mental — loi du 24 janvier 2022

La loi a modifié l'art. 122-1 CP pour renforcer la prise en charge sécuritaire des auteurs irresponsables pénalement. Désormais, la juridiction peut prononcer des mesures de sûreté (hospitalisation sans consentement, interdictions diverses) même en cas d'irresponsabilité totale. Le débat sur la responsabilisation de l'auteur ayant consommé des substances reste vif en doctrine.

Droit pénal général — II

La participation criminelle

Le droit pénal distingue l'auteur principal (qui commet les faits constitutifs de l'infraction), le co-auteur (plusieurs personnes réalisent ensemble l'infraction) et le complice.

La complicité (art. 121-7 CP)

Est complice la personne qui, par instigation (provocation, instructions données) ou par aide et assistance (facilite la préparation ou la consommation), concourt sciemment à la commission de l'infraction. Le complice est puni comme l'auteur principal (emprunt de criminalité). L'infraction principale doit être caractérisée dans ses éléments légal et matériel.

L'association de malfaiteurs (art. 450-1 CP) est une infraction autonome punissant la participation à un groupement formé en vue de la préparation de crimes ou de délits, permettant d'intervenir avant toute tentative.

Procédure pénale

La procédure pénale

La procédure pénale française est accusatoire au stade du jugement mais garde des traits inquisitoires à l'instruction. Elle met en jeu trois fonctions : poursuivre (ministère public), instruire (juge d'instruction), juger (juridictions de jugement).

L'enquête et la garde à vue

Enquête de flagrance (art. 53 CPP) : infraction en train de se commettre ou venant de se commettre — pouvoirs étendus (24h + prolongation). Enquête préliminaire : droit commun, sans contrainte forte. Garde à vue : 24h renouvelables (48h max en général ; jusqu'à 96h en matière terroriste). Depuis la loi 2011 : droit à l'avocat dès la 1ère heure, droit au silence, interprète.

Ouverture de l'instruction
Obligatoire pour les crimes, facultative pour les délits. Le juge d'instruction instruit à charge et à décharge. Le JLD contrôle la détention provisoire.
Renvoi ou non-lieu
Ordonnance de renvoi devant la juridiction de jugement (TC, Cour d'assises) ou de non-lieu (insuffisance de charges).
Jugement
TC (délits) — Cour d'assises (crimes, avec jury de 6 citoyens depuis la réforme 2021) — Tribunal de police (contraventions).
Voies de recours
Appel → cour d'appel (effet suspensif + dévolutif). Pourvoi en cassation → contrôle de légalité uniquement.
💡 Le JLD — Juge des libertés et de la détention

Créé par la loi du 15 juin 2000, le JLD est compétent pour ordonner la détention provisoire, le contrôle judiciaire et surveiller les gardes à vue. Il est le garant constitutionnel de la liberté individuelle (art. 66 Constitution). Son indépendance est une garantie fondamentale de l'État de droit.

Sanctions pénales

Le système des peines

Peines criminelles : réclusion criminelle (15, 20, 30 ans, perpétuité). Peines correctionnelles : emprisonnement (max 10 ans), amende, TIG, jours-amende, stage de citoyenneté. Peines contraventionnelles : amende (cat. 1 à 5 : max 3 000 €).

Individualisation et récidive

Le juge individualise la peine selon la gravité des faits et la personnalité de l'auteur. La récidive légale (art. 132-8 CP) aggrave les peines (doublement possible). Les circonstances aggravantes (préméditation, bande organisée, minorité de la victime) sont légalement définies. Le sursis probatoire (anciennement SME) permet d'aménager la peine.

Méthode & orientation

Réussir en droit pénal

L2 : maîtriser la théorie de l'infraction (les 3 éléments), les causes d'irresponsabilité, la procédure de base (enquête, jugement). Les cas pratiques portent souvent sur la qualification des faits et la complicité.

L3 : approfondir la procédure pénale et commencer le droit pénal spécial (homicide, vol, escroquerie, abus de confiance).

M1-M2 / CRFPA : maîtriser aussi le droit pénal des affaires (ABS, banqueroute, blanchiment), le droit pénal international et les infractions complexes.

Ressources — Livres & traités

Traités, manuels & ouvrages de référence

9 ouvrages sélectionnés du L2 au M2.

TitreAuteur(s)ÉditeurAnnéeLiens
Droit pénal général RéférenceLa référence absolue — théorie complète
Desportes, Le Gunehec
Economica
2023
Procédure pénaleManuel de référence
Pradel
Cujas
2023
Droit pénal spécialInfractions particulières
Véron
LexisNexis
2023
Droit pénal des affairesABS, banqueroute, blanchiment
Jeandidier
Montchrestien
2022
Manuel de procédure pénaleSynthèse accessible
Bouloc, Matsopoulou
PUF
2023

Codes 2025-2026

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Code pénal Dalloz 2026
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